GPS apprendre à conduire

Apprendre à Conduire – Partie 2 – “Le GPS”

Une autre approche du même savoir faire (voir article : Apprendre à Conduire – Partie 1 – “Regardes où tu vas car tu vas où tu regardes”) consiste à apprendre à se servir du GPS. L’art de définir ses objectifs nous permet en effet de bien utiliser notre GPS interne.

Ah, le GPS ! Fabuleuse invention quasi-universellement utilisée pour s’orienter, particulièrement en territoire inconnu. Dans notre parallèle conduite automobile / conduite de projet, le GPS représente un ensemble de structures psycho-physiologiques qui influence fortement nos choix, décisions et l’énergie que nous avons pour faire les choses. Nous avons en effet un système d’orientation qui échappe presque entièrement à la pensée consciente. Il est extrêmement fiable et efficace. Il dispose de toutes les données en mémoire dans notre subconscient, dans notre inconscient, mais également dans l’ensemble des cellules de notre corps, etc… Nos capacités subconscientes / inconscientes de traitement de l’information sont près d’un million de fois plus importantes que nos aptitudes consciente. Par contre, il n’a aucun pouvoir discriminant.

 

Notre GPS interne ne fait pas la différence entre ce qui nous est favorable et ce qui nous est défavorable, ce qui est juste ou pas, …

 

Il suit littéralement les instructions qui lui sont données, qu’il interprétera en fonction de celle déjà à sa disposition dans la base de donnée constituée par les différents aspects de notre mémoire. Pour plus d’information sur cet aspect précis, je vous recommande vivement deux ouvrages de référence : “La biologie de la croyance” de Bruce Lipton et “La fourmi et l’éléphant” de Vince Poscente.

 

Pour fonctionner correctement le GPS devra tout d’abord nous localiser. Il nous faudra donc faire le point sur notre situation et savoir précisément où nous en sommes vis-à-vis de l’atteinte de notre objectif. Par exemple, si notre objectif est financier, de combien disposons nous aujourd’hui ? Combien gagnons nous ? etc… Si l’objectif est relationnel, quel est l’état actuel de nos relations ? Que ressentons nous précisément vis-à-vis de la (des) relation(s) considérée(s). Si l’objectif est d’apprendre une nouvelle langue ou à jouer d’un instrument de musique, que savons nous faire, que comprenons nous aujourd’hui ? C’est une étape importante qui mérite vraiment que l’on prenne le temps de la définir clairement. Ce faisant, nous prendrons soin de définir les paramètres dont nous choisirons de suivre l’évolution tout au long du projet. De nouveau, si l’objectif est financier, il est assez simple de déterminer les paramètres à suivre : Combien gagnons nous ? Combien mettons nous de côté ? Etc… D’autres types d’objectifs peuvent demander un peu plus d’imagination. Dans tous les cas de figure, il est essentiel d’y consacrer tout le temps et l’attention nécessaire afin de trouver les paramètres les plus porteurs. Il peut en fait être nécessaire de procéder à plusieurs essais afin de faire des choix éclairés. Dans tous les cas, les paramètres retenus devront être quantifiables. Leurs évolutions pourront donc utilement être rapportées sur plusieurs graphiques : évolution quantitative de chaque paramètre en fonction du temps. Il est en effet préférable de ne mettre qu’un seul paramètre par graphique. Prendre le temps d’inscrire sur papier, l’évolution de chaque paramètre choisi est très utile au bon fonctionnement du “GPS”.

 

Ensuite, le GPS a besoin que nous lui indiquions une adresse de destination. Il est essentiel de comprendre que, dans le langage de notre GPS interne, la destination est déterminée par ce sur quoi nous focalisons notre attention. C’est la seule façon de lui communiquer notre intention, dans son langage de “programmation”. Si notre attention papillonne, s’éparpille, n’a pas vraiment de focus ou, pire, se concentre sur ce que nous redoutons, …, le voyage ne va pas être facile… ! Si au contraire, nous avons une image et un ressenti clairs de notre objectif et que celui-ci est présent dans notre esprit très régulièrement, voir en permanence, notre GPS intérieur pourra se charger de trouver le meilleur itinéraire pour nous permettre d’atteindre la “destination” choisie.

“Petites” précisions quant aux modalités de détermination et de définition de l’objectif. Il y a, en quelques sortes, cinq “couches d’informations”, cinq “éléments”, cinq étapes, dans la définition d’un objectif. La clé est que ces cinq niveaux doivent toujours être Clairs et Cohérents entre eux. D’un point de vue “temporel”, ces cinq couches peuvent être décrites comme :

  • L’Absolu : le Pourquoi
  • Le Long Terme : le Rêve
  • Le Moyen Terme : Notre Objectif Principal
  • Le Court Terme : La Prochaine Étape
  • L’Instant Présent : Ce que nous sommes entrain de faire Maintenant

Quoique cela s’applique à tout type de projet, je vais ici volontairement orienter ma description vers la définition et la réalisation d’un projet de vie. Néanmoins, encore une fois, le même processus peut s’appliquer à la préparation d’une compétition sportive, au développement du chiffre d’affaire d’une entreprise, au fait de changer sa silhouette, d’apprendre à jouer du piano, …

 

Il s’agit donc de découper le “grand projet” en projet plus petits qui décrivent des unités d’intentions et d’actions plus courtes dans le temps, facile à évaluer et qui permettront si nécessaire d’adapter sa stratégie.

 

Ces cinq types d’objectifs sont donc totalement cohérents entre eux et font partie les uns des autres :

  • Ce que nous faisons maintenant cultive une certaine façon d’être et nous amène à réaliser notre objectif à court terme.
  • C’est la réalisation de plusieurs objectifs à court termes qui nous permet d’atteindre “l’objectif principal” (moyen terme).
  • La réalisation successive d’un certain nombre “d’objectifs principaux” amènera à la réalisation du “Rêve”, la véritable destination.
  • Chacune des étapes précédentes a participé à manifester plus de ce “Pourquoi nous faisons tout ça”, dans notre vie et dans notre environnement.

 

Vision Paysage montagne et lac

 

C’est cette cohérence qui est importante. Le fait d’être le plus clair possible sur la définition de chacune de ces étapes et de ressentir clairement comment elles “s’emboîtent” les unes dans les autres. L’idée est donc d’avoir toujours clairement à l’esprit ces cinq dimensions :

a- L’Absolu – Le Pourquoi – Dans l’absolu, nous pourrions considérer que, au delà de la forme que prendra notre objectif, en définitive, il s’agit toujours de participer à l’amélioration des conditions de vie, les nôtres, celles de nos proches, de tiers, de la communauté, voir de l’Humanité tout entière. Il s’agit toujours d’apporter un mieux-être. Selon notre niveau de Conscience, nos convictions, nos valeurs, cela peut s’exprimer de façon très variable et concerner une sphère plus ou moins étendue d’individus. Il se peut même que cela prenne des formes destructrices (ou perçues comme telles). Quoi qu’il en soit, il est indispensable d’avoir clairement à l’esprit cette couche, la plus profonde, de nos motivations. C’est en effet là, dans nos valeurs fondamentales, peut-être notre aspiration à voir évoluer notre niveau de Conscience individuel ou collectif, que se trouve une source inépuisable d’énergie et d’inspiration. Celle qui nous portera et nous guidera tout au long du chemin, surtout dans les moment difficiles. C’est le véritable “Pourquoi”, la raison fondamentale, pas nécessairement consciente, derrière nos aspirations. Dans le cadre de notre allégorie du GPS, c’est donc la raison fondamentale pour laquelle nous souhaitons entreprendre le voyage.

 

b- La Destination – le Rêve – l’Objectif à long (voir à très long) terme : Il devra toujours être là, clairement définit, nous pouvons en parler pendant des heures, même juste dans notre dialogue intérieur. Même si cela nous paraît encore hors de portée, la seule perspective que ce Rêve puisse se réaliser nous transporte, nous anime d’une motivation qui, idéalement, dépasse nos intérêts personnels. Le ressenti associé est profond et nous gagnons à y penser régulièrement, à en affiner la représentation que nous nous en faisons, …

En général, il est préférable de ne pas mettre de limite de temps à sa réalisation.

 

c- L’Objectif Principal –  l’Objectif à moyen terme : Il s’inscrit clairement dans la lignée du Rêve et sa réalisation est une étape clé qui nous rapproche de la destination. Y travailler, ou même juste y penser, à la fois nous rempli d’une énergie nouvelle, nous donne des ailes et nous amène à être plus spontanément Présent, ici et maintenant. Ce qui se manifeste notamment par le fait qu’il nous semble possible de le réaliser, très concrètement, même si nous n’avons aucune idée (pour l’instant) de comment nous allons procéder ! C’est d’ailleurs à cela que nous savons qu’il a été correctement formulé.

 

Un objectif correctement formulé nous donne de l’énergie, nous le percevons comme atteignable et il nous permet d’être plus facilement, plus spontanément Présents.

 

Il arrive que cela se manifeste “physiquement” sous la forme de sensations du type que “notre cœur s’ouvre” lorsque nous y pensons ou prenons action pour sa réalisation. Il n’est également pas rare d’avoir littéralement la sensation d’avoir des ailes… Il est essentiel de différencier cette forme de Vitalité profonde de l’enthousiasme et de l’excitation qui, s’ils peuvent être très utiles pour initier un mouvement, ne permettent généralement pas d’aller bien loin. Il faudra donc trouver sans cesse des sources d’excitation pour tenter de maintenir un niveau d’énergie qui, sinon, re-descendra inexorablement. Bien définir son Objectif Principal nous affranchit de ces effets “montagnes russes” car nous avons alors accès à une source de vitalité plus personnelle, plus profonde et infiniment plus pérenne.

Nous pourrons choisir d’y consacrer entre trois et cinq ans. Ce n’est donc pas une petite tâche, il s’agit de construire un édifice. Depuis les fondations que nous préfèrerons profondes et solides, jusqu’au sommet que nous pourrions souhaiter le plus haut et le plus harmonieux possible !

 

d- La Prochaine Étape – Il s’agit d’un objectif à court terme (deux à trois mois, par exemple). Il doit, encore une fois, nous rapprocher de la réalisation de notre Objectif Principal et suit les même règles essentielles : plus nous y travaillons, plus nous avons d’énergie, de clarté d’esprit et plus nous sommes spontanément Présents. Mais en plus, ici nous avons une assez bonne idée de comment y arriver. Cette “étape suivante”, vers notre objectif principal, se caractérise en effet par une grande clarté quant aux moyens à mettre en œuvre pour sa réalisation. Il n’y a donc (idéalement) aucun doute quant à sa faisabilité. C’est généralement à ce niveau que peuvent se manifester les obstacles et autres déconvenues qui nous pousseront à mettre à jour notre définition du “trottoir”(voir Apprendre à conduire – Partie 1) et peut être aussi à revoir notre stratégie.

 

e- L’Instant Présent – Il s’agit de ce que sommes en train de faire maintenant, à chaque instant. C’est peut-être la dimension la plus importante. En effet, même si nous avons la sensation de ne pas connaître nos valeurs, de ne pas avoir de Rêve ni d’objectif clairement défini, le fait de focaliser toute notre attention sur ce que nous faisons, ici et maintenant, crée un environnement intérieur très propice (voir indispensable) à notre plein épanouissement.

 

C’est LA condition première, celle qui transcende nos croyances, intentions et limitations de tous types : Être Présent, ici et maintenant, à cent pour cent dans ce que nous faisons.

 

Attention cependant à ne pas confondre Présence à ce que nous faisons et attachement au résultat. Pour plus d’éléments sur cette notion centrale de Présence, n’hésitez pas à relire deux articles que nous avons publiés sur le sujet : Introduction à la Présence – Partie 1 et Partie 2. Alors quelque soit notre tâche présente, même si elle ne nous semble pas liée à la réalisation d’un objectif quelconque, le fait de nous y consacrer consciemment, pleinement, développe en nous la capacité à réaliser notre “Pourquoi” profond, même si nous n’en avons pas conscience ! Il est alors courant de se voir inspiré à faire ceci ou à s’intéresser à cela, centres d’intérêts qui se révèlerons parfaitement adaptés à promouvoir une manifestation de ce “Pourquoi”. autrement dit, si vous n’avez pas de Rêve, faites pleinement, de votre mieux, ce que vous faites maintenant (quoi que ce soit). Soyez absolument Présent à ce que vous faites et restez ouvert, à l’écoute.

 

La clé ici est de ne pas “résister”, ne pas rejeter intérieurement sa situation présente.

 

C’est paradoxalement en acceptant totalement de regarder les choses comme elles sont, autant que possible, sans porter de jugement, voir même en y trouvant aussi des points positifs que nous nous ouvrons à d’autres horizons, d’autres possibilités. C’est l’art de l’observation consciente sans attachement ni rejet (qui serait une autre forme d’attachement).

 

En se focalisant pleinement sur ce que nous faisons ici et maintenant, nous réalisons instantanément notre objectif final : qu’il y ait plus de Conscience en nous et dans notre environnement. Les différentes actions et autres projets que nous pourrions avoir sont autant de formes que la manifestation de cet objectif fondamental pourra prendre. En d’autres termes, ce n’est pas la réalisation d’un rêve ou d’un objectif qui nous permet de nous épanouir.

 

C’est la Conscience de ce que cet épanouissement signifie réellement et le fait d’en faire l’expérience au quotidien (même partiellement) qui nous guide et nous inspire pour trouver les Rêves et les Objectifs qui auront du sens pour nous : ceux qui amplifieront l’intensité et la qualité de la Conscience qui nous habite.

 

Il est donc maintenant bien clair que ces cinq niveaux d’objectifs ne forment en réalité qu’un seul Objectif, décomposé en morceaux plus petits pour en faciliter la réalisation. Notre GPS interne a besoin, pour nous aider efficacement, que nous ayons clairement à l’esprit, en permanence, ces cinq “couches” d’informations qui définissent les étapes et notre destination. Elles peuvent à tout moment être mises à jour, évoluer ou même changer, mais elles devront toujours rester claires.

 

jeune plant croissance

Il faut bien comprendre que notre GPS, lui, fonctionne toujours, en permanence. Il n’y a pas vraiment de bouton “off”. En fonction de la nature et de la qualité des informations que nous lui transmettons, il nous conduira vers une destination plus ou moins plaisante, plus ou moins cohérente avec nos aspirations, avec qui nous sommes réellement. Indépendamment des informations transmises volontairement, il est également utile de se souvenir que notre GPS utilise l’ensemble des données disponibles aux différents étages de notre mémoire, dans notre environnement, etc… Certaines de ces données ont un impact fort sur notre “sens de l’Orientation” : éducation, habitudes de comportement, traumatismes (petits et grands), culture/croyances dans lesquelles nous avons grandi et/ou évoluons aujourd’hui, … Court-circuiter ces flux d’informations peut nécessiter un certain temps de “bonne pratique”, voir même un travail spécifique afin d’éliminer certaines mémoires parasites et, surtout, de créer de nouveaux circuits neuronaux, de nouvelles habitudes de fonctionnement.

 

Au bout du compte il s’agit de développer une véritable Culture de la Conscience, d’en apprendre tous les jours un peu plus sur comment nous fonctionnons réellement et surtout de mettre systématiquement en application, au quotidien, ce que nous avons appris.

 

Encore une fois, nous choisissons notre destination, consciemment ou pas, en fonction de ce sur quoi nous focalisons notre attention. Plus nous choisissons consciemment, en tenant compte des points clés mentionnés plus haut, plus nous avons de chance d’y arriver en ayant la sensation d’être comme portés par une vague positive de vitalité et de synchronicité. Les choses semblent fluides, “ça se fait tout seul” disent certains.

 

En clair, nous allons, que nous le voulions ou pas, vers ce sur quoi nous focalisons notre attention. Et, au delà de nos démarches conscientes, nous avons une machinerie inconsciente d’une puissance incroyable, qui va de toute façon nous amener à destination. Il est donc essentiel d’apprendre les règles de base, les principes fondamentaux de cette technologie, de ce langage psycho-physiologique : les bases du “pilotage” de notre corps/esprit.

 

  • Albin dit :

    Bonjour,
    Je n’arrive pas bien à cerner quels seraient les paramètres quantifiables d’un objectif quand celui-ci est, par exemple, d’améliorer la qualité d’une relation.
    Auriez-vous des suggestions ?
    C’est un article excellent, merci.
    Albin

    • Ngub Nding dit :

      Bonjour Albin, dans le cadre d’une relation, vous pourriez relever la fréquence d’évènement que vous jugerez harmonieux et celle d’évènement que vous trouveriez dis-harmonieux. Plus vous serez précis (spécifique quant à la nature de l’évènement – qui, quand, quoi, comment, …) plus vous serez à même de “mesurer”, d’apprécier, une évolution. Vous pourriez aussi inclure dans ces paramètres de suivi, votre niveau de stress et/ou de vitalité lorsque vous pensez et/ou êtes en présence de la personne en question. Tout ce qui vous fait dire que la relation se porte bien (ou l’inverse) peut être utilisé. Il s’agit d’être aussi factuel que possible dans la description de chaque paramètre (exemple : le nombre de fois que nous rions ensemble dans la journée ; le nombre de fois que nous nous disputons par semaine ; etc…). Je vous recommande de choisir des paramètres qui ont de l’importance pour vous. Qu’est-ce qui, ci cela changeait, amènerait vraiment plus de Vie dans votre vie ? Vous pourrez ainsi suivre dans le temps, l’évolution de la qualité de la relation. J’espère que cela vous aidera concrètement dans la mise en application de ces informations.

      • Albin dit :

        Merci pour cette réponse qui rend les choses plus concrètes pour moi et qui clarifie la démarche.
        Ce qui me vient, c’est que cette façon d’opérer est très scientifique, ce qui aide à prendre du recul et à dédramatiser ainsi qu’à se désidentifier. Le chemin même est donc une réelle porte d’entrée vers la présence avant d’être un moyen d’améliorer la qualité de nos conditions de vie. Et comme la destination est aussi la présence, tout devient cohérent.

  • >